Caroline : Bienvenue dans les W.I.L.D interview, je suis Caroline pour Leaders Go W.I.LD et aujourd’hui je reçois Julie Allaume.

Hello Julie !

Julie : Salut !

Caroline : Est-ce que tu peux déjà te présenter en quelques mots, qui es-tu ? Et ce que tu fais dans la vie;

Julie : Alors je m’appelle Julie Allaume, je suis photographe et je pratique la photographie d’âme, c’est à dire que ce qui m’intéresse c’est d’aller capter ce qu’il y a au delà de l’enveloppe physique, j’accompagne essentiellement les femmes dans leur révélation, leur transformation et leur libération par l’image. 

Caroline : Etre une femme aujourd’hui en 2020, c’est quoi pour toi les challenges que toi et tes clientes peuvent rencontrer ? Parce que je rappelle que tu accompagne majoritairement les femmes.

Julie : Je crois que le mot clé c’est vraiment « libération », je sens vraiment à travers mes clientes, dans le contexte de ce qu’il se passe d’un point de vue sociétal, il y a vraiment cette notion de libération, d’affirmation, se libérer des jugements, se libérer de ce que la société a pu imposer, se libérer de toutes les croyances qu’on peut avoir en tant que femme mais qui sont en faite des croyances collectives qui sont ancrées depuis si longtemps, mais là je sens vraiment qu’il y a quelque chose qui est en train de bouger, les femmes sont en train de vouloir reprendre leur propre pouvoir, et leur propre façon de s’exprimer et de vivre, de s’habiller, de traiter son corps de telle ou telle manière…

Caroline : J’aime bien quand tu parles de photographie de l’âme parce que ça rassemble deux paradoxes où on pourrait croire que la photographie est quelque chose de superficiel, parce que c’est lié à l’apparence, et tu parles de l’âme qui est quelque chose de très profond et intérieur, est-ce que tu peux nous en dire plus par rapport à ça, et comment plus particulièrement tu vis ce métier ?

Julie : Ce que j’aime dans la photographie, ça amène ce que l’on peut décrire comme le visible et l’invisible. C’est ça qui est très intéressant de ce travail et dans cette forme d’art, où je pense que la photographie ramène quelque chose dans la matière, c’est quelque chose de très physique. D’ailleurs j’ai des clientes qui me disent qu’elles n’osent pas se faire prendre en photos parce qu’elles me disant ne pas être des personnes superficielles. Je ne vois pas le rapport personnellement, mais justement je trouve que la photo va aller saisir quelque chose de beaucoup plus profond que l’enveloppe physique. 

D’ailleurs dans certaines civilisations et culture, la photographie est mal vue parce qu’on dit qu’elle capture l’âme des gens et je trouve que c’est très juste. Ce qui est très important en photographie, essentiellement en photographie de portrait c’est d’aller capter l’oeil, le regard, qu’est-ce qu’il y a dans le regard, et le regard c’est vraiment la barrière de l’âme en tout cas à mon sens, et je trouve cela superbe d’avoir un outil qui permet d’aller révéler ce que l’on est vraiment en profondeur au delà de toute notre enveloppe, et en même temps cela va ramener ça dans quelque chose de très matériel.

Caroline : Nous en parlons juste avant de commencer d’enregistrer, la manière dont tu travailles permet aux femmes de se révéler et de se libérer, tu travailles aussi avec des personnes qui ont un rapport à leur corps qui est un peu « cassé », des personnes qui ne sont pas encore à l’aide ou complètement ok avec leur corps. Comment la manière dont tu travailles les aide à réparer ce lien au corps ?

Julie : Mon travail ce situe sur différents niveaux, je ne fais pas que de la photo, je travaille également dans l’invisible, dans tout ce qui a pu être d’anciennes croyances que l’on peut avoir sur soi. L’exemple le plus significatif c’est quand les femmes ont entamés un régime ou leur corps a changé pour une raison ou pour une autre, suite à la perte de poids, ou après grossesse, ou avec l’âge… Nos corps changent et pour moi il y a une notion d’identité, on a encore cette identité d’avant, on se voit encore comme la personne que nous étions auparavant. Comme par exemple une femme qui a perdu du poids mais qui se voit toujours avec ces 5, 10, 15, 20 kilos d’avant parce qu’intérieurement elle n’a pas encore pris conscience de cette nouvelle identité, de ce nouveau corps qu’elle a aujourd’hui, ça c’est un premier exemple. 

C’est la que le travail de l’âme et de l’intérieur est important, je vais l’accompagner pour qu’elle puisse voir cette nouvelle identité d’elle-même, qu’elle puisse intégrer vraiment cette nouvelle identité. Il y a aussi tout ce qui est lié à la société patriarcale dans laquelle on vit, par exemple des femmes qui complexes encore de leur cellulite, mais « oh », on est en 2020, c’est bon. C’est vraiment de faire prendre conscience que ton corps est là comme il est aujourd’hui, que tout va bien, et que tu es magnifique comme tu es et qu’il n’y a pas de cassure à avoir quand tu es alignée avec ce que tu es profondément. 

Caroline : Tu parles aussi régulièrement des cycles, de tout ce qui est lié au féminin. Comment tout cela ça s’inscrit dans ton travail, ou c’est peut être quelque chose auquel tu fais référence avec tes clientes ?

Julie : Oui et ce depuis peu (rires). C’est quelque chose qui me tient beaucoup à coeur, je parlais tout à l’heure du fait d’avoir une nouvelle identité, je crois que nous sommes toutes cycliques, je vais parler au nom des femmes, même si je pense que les hommes ont eu aussi leur propre cycle, mais je ne les connais pas donc je ne vais pas en parler. 

En connaissant ses propres cycles, comment on fonctionne, c’est là qu’on est dans une vraie forme d’intimité, de connaissance de soi et ça aide dans un chemin d’acceptation, d’amour de soi mais aussi de libération. Nos cycles, ce sont bien évidemment nos cycles menstruels, on parle aussi du syndrome pré-menstruel lorsque l’on a ses règles mais il y a aussi d’autres cycles qui suivent et je pense que l’on a tous notre façon de fonctionner, que ce soit dans la journée à la semaine, au mois où à l’année… De comprendre et d’intégrer cela, ça permet de se foutre la paix et de lâcher prise parfois. A titre personnel il y a des semaines où je suis sociable et où il ne faut pas me parler, mais je sais que ce moment là de ma semaine et de mon cycle et je le sais et je ne lutte plus contre cela, et cela crée une certaine fluidité et une forme de paix intérieure, et je pense qu’en trouvant cet équilibre intérieur, cela nous aide à faire la paix avec notre corps, avec tout ce que l’on est dans notre entièreté.

Caroline : Comment est-ce que tu es arrivée à la photo personnellement ? A quel moment tu t’es dit : « c’est ça que je veux faire ».

Julie : Alors je me suis mise à la photo parce que mon oncle est photographe et qui m’a offert mon premier appareil photo quand j’avais 4 ou 5 ans, tu sais les petits appareils photos pour enfants, et ensuite, à chaque fois qu’il changeait d’appareil photo il me donnait les précédents qui sont d’ailleurs là avec moi. Et il faut savoir que j’ai toujours tout photographié, je pense que mes amis d’enfance pourront en témoigner, j’avais toujours un appareil photo à la main. J’ai même des photos qui datent du collège, je prenais même des photos à l’école, j’ai toujours tout photographié. Pour moi dans la photographie il y a cette notion d’instant présent. C’est comme si j’avais vraiment besoin de capturer ces instants présents.

Comment j’ai décidé de devenir photographe professionnelle ?… Je ne sais pas vraiment si c’est un choix à vrai dire (rires). Avant je faisais de la photographie équine parce que je travaillais dans le domaine des chevaux, comme je prenais toujours tout en photos, forcément je prenais en photos les chevaux dans les écuries où je travaillais. Et un jour on m’a offert l’opportunité, on m’a dit : « j’ai des clients qui pourraient être intéressés parce que tu fais », et j’ai dit « ok pourquoi pas ». Tout le processus qu’il y a, d’échange avec les personnes et la clientèle, ce qu’il se passe lorsque je suis derrière mon appareil, ce n’est pas un choix mais c’est une évidence. C’est quelque chose qui m’est destiné en quelque sorte. Je ne sais pas comment l’exprimer, je ne suis pas sûre que je l’ai vraiment choisi un jour, je pense que c’est plus la photographie qui m’a choisi si je peux le dire de cette manière.

Caroline : J’ai une expérience de photo avec toi que je voulais partager ici. Le truc qui a changé entre avant et après cette séance photo, c’est presque comme si mon visage avait changé, avant qu’on fasse les photos ensemble, il y avait vraiment ce côté où je ne pouvais pas me voir de profil tellement ça me dérangeait, et nous n’en avions pas spécifiquement parlé ensemble d’ailleurs, et tu es arrivée avec des photos de moi de profil, je les aies regardées et je me suis dit que j’étais bien de profil. C’est presque comme si, après cette séance photo, je me rends bien compte que c’est ma vision des choses qui a changé, ma vision envers moi-même qui a changé, mais sur le moment j’ai presque eu l’impression que c’était la forme de mon visage qui avait changé. C’est assez impressionnant de vivre la transformation presque d’un seul coup, c’est une seule photo qui donne l’impression que mon visage ne ressemblait pas à ça et à partir du moment où j’ai vu cette photo il ressemblait à ça, comme si il y avait eu quelque chose qui avait changé physiquement parlant. 

C’est quelque chose que tu peux remarquer quand tu es avec d’autres clientes ?

Julie : Oui, tout à fait. déjà merci pour ton retour. Je pense que lorsque cela se passe à un autre niveau, qu’il y a vraiment l’intégration qui s’opère, cela se passe au niveau physique, il y a des choses qui bougent physiquement. Comme tu le dis  à juste titre, nous n’avions pas évoqué que tu n’aimais pas particulièrement ton profil à ce moment là, moi je vais voir des facettes de mes clientes auxquelles elles n’ont pas accès, d’une manière différente de la façon dont elles se voient. Clairement, je me permets de prendre ton exemple, tu n’aimais pas ton profil, mais dans la vie de tous les jours est-ce que vraiment tu te vois de profil ? Est-ce que tu sais à quoi tu ressembles de profil dans la vraie vie ? 

Tu vas te voir sur une photo volée où tu t’es vue de profil, ce n’est pas quelque chose que tu vois dans ton quotidien, et c’est ça que j’aime, c’est aller chercher des angles, des choses qu’on ne voit peut être pas au premier abord dans son quotidien, pour vraiment avoir une vision globale de soi. C’est là où tu intègres toutes les facettes de toi, tout les aspects qui te représentent et je pense que c’est là où tu fais une véritable intégration qui peut s’opérer au niveau physique également. C’est juste ton regard qui change sur toi. 

Caroline : Et tu le dis très bien mais je pense que c’est l’intégration qui fait toute la différence entre une photo qu’on va aimer de soi ou non, et si ce travail n’est pas fait, on ne peut pas aller au bout des choses. 

Julie : Je pense que la photographie a déjà cette notion de transformation, mais moi j’aime que mes clientes, même si je fais appel à des maquilleuses, des coiffeuses, j’aime bien faire sortir mes clientes de leur zone de confort. Des femmes qui ont plutôt tendance à être naturelles et qui n’osent pas assumer ce côté maquillée et coiffée, nous allons aller chercher ça, en règle général, j’aime que ce qu’elles voient en photo, ce soit ce qu’elles vont voir tous les jours dans leur miroir. En ce qui concerne la photographie de mode (et il ne se cache aucun jugement derrière mes paroles), c’est quelque chose où on va te transformer dans l’instant mais tu ne vas pas être maquillée, coiffée et habillée de cette manière tous les jours de ta vie, ou si c’est le cas c’est que tu es une célébrité par exemple, et dans ce cas là c’est génial, bravo. Mais en réalité, ce que je vois avec mes clientes c’est qu’elles voient quotidiennement dans le miroir n’est pas le reflet de ce qu’elles ressentent, et l’idée c’est de remettre cela en lien et de sortir avec des photos où tu vas pouvoir intégrer et prendre conscience ce que tu es dans l’instant. C’est ça qui va te permettre d’aller dans cette acceptation, dans cet amour de soi, confiance en ce que tu es parce que ce que tu verras en photos et ce que tu verras dans ton miroir, ce sera en lien ce sera connecté, il n’y aura plus cette cassure, il n’y aura plus cette fracture entre ces deux images.

Caroline : Je vais passer aux questions wild.

Julie : Ce sont celles qui me stressent le plus. 

Caroline : Comment tu utilises ton intuition dans ton business ? Si oui, comment tu l’utilises ?

Julie : Comment je l’utilise ? Pour répondre au mieux aux besoins de mes clientes, pour pouvoir leur apporter les bonnes réponses… Celles qui semblent justes dans l’instant. L’intuition m’aide beaucoup pour toute la création de la séance photo, mon intuition va me permettre d’aller voir dans l’invisible, voir ce qu’il y a à l’intérieur et une fois que j’ai capté ce qu’il se passe à l’intérieur de la personne, j’ai toute ma séance photos qui se déroule devant moi et c’est intuitif, les détails se font au dernier moment dans quelque chose de plus concret mais cela se passe beaucoup plus au niveau de l’intuition au départ.

Caroline : La question pour ou contre. Es tu pour ou contre la contraception masculine ?

Julie : Pour ! (rires) Il faut que je développe mais si je le fais on risque d’en avoir pour un petit moment. Justement nous parlions des cycles chez la femme, la femme est fertile une seule fois par mois, on est d’accord, mais c’est à nous de nous protéger et à faire attention, et en plus nous sommes fertiles jusqu’à un certain âge, les hommes sont fertiles tout le temps, pendant un certain nombre d’années mais par contre, ce n’est pas à eux à faire attention en ce qui concerne la contraception. Pour moi ça répond à une certaine logique, ce n’est même pas une forme d’engagement.

Caroline : j’ai mon oracle avec moi, quelle question aimerais-tu poser là maintenant à l’oracle ? 

Julie : Ça va être une question personnelle. Justement, un homme. Est-ce qu’un homme va rentrer dans ma vie cette année.

Caroline : Je te montre la carte avant de la donner. J’ai le « grand pouvoir », ça dit force de caractère, autorité, influence, confiance en soi, direction, condition maximale, puissance.

Je te laisse regarder la carte parce qu’il y a pas mal de choses sur les couleurs etc… Que vois-tu ?

Julie : Je vois beaucoup de puissance, je vois quelque chose de très ancré, beaucoup de couleurs, je le traduis comme le mouvement pour moi, il y a quelque chose de l’ordre du mouvement. Je trouve qu’elle est plutôt positive.

Caroline : Elle a des couleurs plutôt masculine, j’entends par là : le jaune du soleil, en général on relit ça au masculin.

Julie : Cool !

Caroline : Je vais piocher la question « tu préfères », à chaque fois j’ai peur : « tu préfères vomir des petits coeurs rouges ou péter des grands arc en ciel ? »

Julie : Péter des grands arc en ciel, c’est super cool.

Caroline : Est-ce que tu peux nous raconter la dernière fois où tu t’es sentie wild ?

Julie : Tous les jours. (rires), mais « wild wild wild », la dernière fois que je suis allée danser et que j’ai dansé comme une folle, toute seule sur la piste, j’étais inarrêtable et surtout sobre. Je me suis dit que c’était super wild d’arriver à s’amuser, à danser, à se lâcher, ce côté libérée, peu importe ce que les autres vont en penser, je suis là pour m’amuser, je n’ai besoin de rien mis à part moi-même pour vivre ce moment et je trouve que ça c’est plutôt wild.

Caroline : Merci beaucoup Julie !

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