Eloa : Bienvenue dans les Wild Interview, je suis Eloa pour Leaders Go W.I.L.D et aujourd’hui je reçois Caroline Verdier de Leaders Go W.I.L.D également ! 

Je connais Caroline depuis… 10 ans !

Aujourd’hui nous allons parler des ombres, que sont-elles ?

Mais avant toute chose, Caroline, est-ce que tu peux te présenter ? 

Caroline : Je n’avais pas pensé à cette question mais oui en effet une présentation s’impose. Je suis Caroline Verdier, je suis business coach dans le sens où j’accompagne des entrepreneurs à assumer leur puissance dans leur business en intégrant leurs ombres, en les poussant à s’affirmer en posture d’entrepreneur.

Eloa : Que veut dire « intégrer ses ombres » ?

Caroline : Pour moi, cela veut dire : aimer toutes les parties de nous que l’on n’aime pas à la base et/ou que l’on veut cacher. Toutes les choses que l’on ne s’autorise pas à faire. C’est la partie ambitieuse, la partie qui juge… toutes ces facettes que l’on a en nous et que l’on a voulu mettre de côté à un certain moment, voire même cacher parce que ce n’était pas quelque chose de bien que de montrer son ambition par exemple. On se disait qu’on allait peut-être plus nous aimer si on avait de l’ambition, si on se montre tel que l’on est (c’est à dire pas comme les autres), on a peur de ne plus être aimé. Ce sont toutes ces parties là qui représentent nos ombres. Je pense qu’il est important d’apprendre à les aimer pour pouvoir être complètement soi.

Eloa : Les intégrer veut dire apprendre à aimer ces parties là ?

Caroline : Oui.

Eloa : Merci Caroline pour cette longue explication (rires). Quel est l’intérêt lorsque l’on fait ça, pourquoi a-t-on besoin d’intégrer ces parties là et pourquoi on veut les aimer ?

Caroline : A mon sens, cela vient d’une expérience personnelle plutôt que de la théorie, et de ce que j’ai pu voir avec mes clientes également, accepter toutes ces parties là de moi que je n’aimais pas et que je voulais cacher m’a permis d’apprendre à me connaître, à savoir qui je suis, et aussi de pouvoir être beaucoup plus affirmée dans mes choix, de pouvoir faire ce que j’ai envie quand j’en ai envie. C’est quelque chose qui me permet d’être libre, c’est quelque chose que l’on entend beaucoup du côté des entrepreneurs : « Pourquoi es-tu devenu entrepreneur ? Que recherche-tu vraiment à travers cela ? ». Ce que l’on va me répondre souvent c’est : « J’ai juste envie de faire ce que je veux, quand je veux ». Pour moi, faire ce que je veux quand je veux, c’est simplement être libre d’être moi-même et tout ce travail d’intégrer mes ombres, c’est exactement ce que cela m’a apporté et c’est aussi ce que cela apporte aux personnes qui le font.

Eloa : Est-ce que tu as un exemple concret d’une ombre que tu as intégré et qui a changé ton comportement ?

Caroline : Oui, alors l’exemple qui me vient en tête je l’ai déjà partagé par le passé c’est ce que j’appelle la manipulatrice, la personne qui sait sur quel bouton appuyer chez une personne en face, dans la partie ombre je veux dire, celle que je ne voulais pas montrer et que je voulais cacher. Par exemple dans ma relation avec mon ex-mari où quand il y avait quelque chose qui ne me plaisait pas, je savais comment gérer, dire ce qu’il fallait dire au bon moment pour que la situation aille vers la finalité qui m’arrange moi. Cela fait partie de ce que je voulais cacher, au moment où j’ai compris que cela faisait vraiment partie de moi, c’est quelque chose que je fais, déjà de le reconnaître dans un premier temps, parce qu’avant j’avais un peu tendance à « le mettre sous le tapis », je ne voulais pas vraiment le dire. Reconnaître cette facette de moi-même et me rendre compte que c’est une partie de moi dans laquelle il peut aussi y avoir du positif, et d’apprendre comment l’utiliser en conscience, en cherchant l’équilibre et non pas dans une volonté de blesser ou faire du mal à quelqu’un. Cela m’a permis de l’utiliser davantage dans ma pratique en tant que coach.

Lorsque l’on est coach, on manipule l’autre mais avec son consentement. On manipule quelqu’un qui est venu à nous pour nous demander : « Vas-y ! Manipule-moi, j’ai besoin que tu m’aides à changer mes croyances, j’ai besoin que tu m’aides à voir les choses autrement ». Mais c’est de la manipulation d’une certaine manière parce que l’on prend la personne avec ce qu’elle nous amène en séance de coaching, elle veut atteindre un certain objectif, et nous en tant que coach on l’aide à modifier sa manière de penser pour atteindre son objectif, c’est donc une forme de manipulation.

Eloa : Donc cela veut dire qu’être coach signifie être manipulateur ?

Caroline : On peut dire cela comme ça, en tout cas une partie du travail de coaching est une manipulation en conscience dans la mesure où les personnes sont très au clair avec cet objectif, fixé en amont entre les deux parties (le coach et le coaché). Par exemple ce matin j’étais en appel avec des clients sur des croyances limitantes et il était très clair qu’ils venaient avec des croyances limitantes aujourd’hui pour eux pour atteindre leur objectif (ce qui ne veut pas dire qu’elles ont étés limitantes toute leur vie et qu’elles le seront toujours, mais quoi qu’il en soit à l’heure actuelle elles le sont). Ils arrivent avec ces croyances limitantes en appel et mon but est de parvenir à leur faire voir les choses autrement. On peut dire que l’on utilise la manipulation au niveau des pensées, pour atteindre cet objectif. 

Eloa : Est-ce qu’intégrer des ombres, ce n’est pas quelque part, créer des monstres ? 

Caroline : On en rigole souvent mais oui quelque part. Je disais en rigolant que je voulais fonder « le club des connasses alignées », parce que oui en effet quelque part, dans la société dans laquelle on vit, quelqu’un qui affirme qui il est, ce qu’il pense et qui va faire ce qu’il a envie. Par exemple, si on lui propose d’aller boire un café qu’il a pas envie, il va dire non et si avant il/ elle allait manger chez ses parents parce qu’il fallait faire bonne figure et qu’à partir du moment où elle s’autorise à dire « non », elle sort de ce sur quoi on attend d’elle en quelque sorte, elle se soustrait au regard de la société en quelque sorte. Cela peut en effet créer des monstres dans certains cas de figure, d’où le nom de ce club « les connasses alignées », si ça intéresse quelqu’un ?

Eloa : Est-ce qu’intégrer ses ombres c’est une partie essentielle pour pouvoir avoir un business authentique ?

Caroline : Pour moi être authentique c’est montrer qui l’on est, en tout cas se montrer sous toutes ses coutures, montrer toutes ses facettes en quelques sorte. S’il y a des facettes que l’on se cache à soi-même, on ne peut pas les montrer, on ne peut pas les les rendre visibles dans son business. Accepter ses ombres est un chemin pour aller vers plus d’authenticité puisque les intégrer c’est déjà les reconnaître, apprendre à les aimer, pouvoir les montrer en étant vulnérable mais sans se sentir vulnérable. Dans le sens, ne pas avoir peur de vouloir les montrer parce que nous sommes complètement alignés avec cela.

Eloa : Comment intégrer ses ombres ?

Caroline : Alors pour commencer : nous en avons beaucoup. Pour moi, il s’agit d’abord de les reconnaître. Tu entends quoi exactement par comment parce que je ne vais pas entrer dans le détail technique du « comment » au niveau exercice.

Eloa : Si tu avais quelques mots pour décrire le processus à travers lequel tu passes si tu désires intégrer tes ombres, tu dirais quoi ?

Caroline : Je dirais pour commencer qu’il existe des grandes familles d’ombres dans celles que j’ai pu observer. Cette liste n’est bien évidemment non-exhaustive. Il y a tout d’abord celle du jugement, toutes les facettes de nous qui jugeons, dès que l’on reconnaît que l’on est dans le jugement, cela permet d’intégrer cette partie là. Il y a toutes les facettes que l’on veut cacher parce que l’on a honte, il y a toutes celles dont on se sent coupable, c’est derrière tous ces termes là que l’on va chercher les ombres. Il y a des facettes de nous dont on a peur. Il y a ces grands thèmes qui permettent d’aller chercher nos ombres et de les intégrer.

Eloa : Est-ce que pour toi, l’intégration des ombres a joué sur ta façon de te connecter à ton intuition ?

Caroline : C’est une bonne question. Je n’ai pas la réponse. Je ne pense pas avoir cherché le lien entre les deux. Je ne crois pas que ça m’a permis de me connecter à mon intuition, par contre cela m’a clairement aidé à la suivre. Il y a des moments dans ma vie où mon intuition m’a menée vers un chemin qui, si je le prenais, allait être compliqué à gérer par la suite notamment au niveau du regard des autres. Intégrer que j’avais aussi ses parties de là en moi qui étaient prêtes à prendre ce chemin et avancer dan cette voie, même si le monde entier disait que ce n’était pas la bonne voie, que ce n’est pas ça qu’il fallait que je fasse. En effet, le travail des ombres m’a permis de suivre plus facilement mon intuition. 

Eloa : Comment suis-tu ton intuition, comment te sers t-elle dans ton business ?

Caroline : Dans mon business, je m’en sers quand je coach, je fais beaucoup de place au vide pour laisser venir ce qui a à venir, pour laisser venir la bonne question. Je m’en sers également beaucoup dans le cadre de la création de mon contenu et même la création de mes offres. Lorsque je crée du contenu, je suis entre intuition et inspiration, il y a quelque chose qui se joue et qui est assez subtil, je vais écouter ce qui est présent et ce qui a besoin de sortir je dirais. En ce qui concerne mes offres, il y a un moment donné où c’est le bon moment je dirais, il y a quelque chose à créer, j’attends de ressentir ce qui m’anime au fond de moi. J’en ai déjà parlé au début de mon business, je proposais des offres avec une dynamique : « il faut que je fasse une offre, il faut répondre à la douleur de l’avatar idéal », je l’ai déjà fait de façon complètement mentalisée, je dirais que ça fonctionne mais pas sur du long terme, en tout cas je ne suis plus alignée avec ce genre de technique, ce que je fais c’est que je ressens ce qui est la bonne offre à faire à ce moment là pour les personnes qui vont en avoir besoin. 

Eloa : Comment tu sais si c’est la bonne chose ou non ?

Caroline : Je dirais : parce que le mental vient répondre à un manque, à une peur, à la peur du manque…. Le mental cherche des solutions parce qu’il y a un problème et il faut le régler. Dans un business ça peut être : « mon chiffre d’affaire à baisser, je n’ai pas assez de clients, j’ai un problème avec des clients », le mental va se mettre en action pour trouver des solutions. Derrière tout ça se cache la peur de ne pas y arriver, il y a des choses qui font que ce n’est pas juste dans le ressenti. Je dirais que c’est très important d’être connecté à son corps pour avoir accès à son intuition, et de se rendre compte que cela ne vient pas d’une émotion. Cela ne vient pas d’une dynamique du type : « là ça ne va pas alors je viens mettre un pansement parce qu’il y a un problème », l’intuition est quelque chose de plus profond et qui ne vient pas juste « mettre un pansement sur la plaie ». Il y a un ressenti qui nous dit que ce que l’on fait est juste, même sur du long terme, elle n’est pas juste là pour régler un problème. En tout cas, c’est comme ça que je vois les choses. 

Eloa : On passe aux questions Wild ! Pour ou contre les maisons closes ?

Caroline : Je suis pour. Dans le sens, avec le consentement de toutes les personnes qui en font partie, avec tout ce que n’importe quel entrepreneur pourrait avoir le droit dans n’importe quel business. Mais clairement pour.

Eloa : Si tu pouvais n’importe quelle question à un oracle, quelle serait la question ?

Caroline : Je vois l’oracle que tu as en plus… La question ce serait, comme nous avons bientôt une journée d’organisée pour Leaders Go Wild : « Quelle ombre cela va-t-il me permettre d’intégrer ? ». (Regarde la carte tirée par Eloa), elle est en prière, elle prie des petits crânes.

Eloa : Les mots clés sont : marge/ compassion suprême/ cadeau/ éternité. La marge est votre territoire, et dans la marge les autres ne voient que dangers, bizarreries et criminalité. Ce n’est pas mal en terme d’ombres.

Caroline : Assumer encore plus d’être en marge, d’être marginal.

Eloa : … Dans cette incompréhension de votre valeur vous avez toujours eu le droit à un strict minimum, à un « pas grand chose » face auquel il faudrait encore dire merci pour avoir le droit de partager le monde avec les autres, on vous a fait croire qu’il fallait se rabaisser prier, s’agenouiller ou demander sans cesse pardon. Les puissants de ce monde qui vous rejettent croient dur comme fer que ce système est immuable, ils ne voient pas qu’ils sont les despotes éphémères et auto-proclamé d’un microcosme en changement constant. Ils accordent à leurs privilèges lorsque vous ne pouvez qu’avoir les mains ouvertes pour recevoir, ils perdront tout quand tout vous sera rendu. Quand les puissants du monde humain redoutent le changement, les justes dansent sur les tombes de leurs illusions car personne n’échappe à la très sainte mort.

Caroline : J’ai peur.

Eloa : Parce que tu sais ce qui vient. La question que tu préfères.

Tu préfères vivre le même jour toute ta vie ou oublier chaque jour ce que tu as fait la veille ?

Caroline : Oublier chaque jour ce que j’ai fait la veille parce que vivre le même jour toute ma vie, j’ai déjà l’impression de l’avoir déjà testé et j’ai eu besoin d’arrêter, autant essayer cette autre option !

Eloa : Est-ce que tu peux nous raconter la dernière fois que tu t’es sentie wild ?

Caroline : Bah là maintenant tout de suite, parce que je trouve que se faire interviewer par sa propre chaîne moi je trouve ça assez wild !

Eloa : Merci Caroline.

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